Le Konk N’Jabar
Il existe des endroits dont le nom suffit à faire rêver les pêcheurs. Des zones que l’on évoque pendant des années, autour d’un bateau ou entre passionnés, parce qu’elles ont la réputation d’abriter de gros poissons et parce qu’une sortie réussie n’y est jamais garantie.
Au Sénégal, au large de Dakar et de Saly, le Konk N’Jabar fait partie de ces lieux.
Pour Stéphane Dudon, PDG de Denty Spearfishing, ce sec n’est pas une découverte récente. Il y est déjà venu à plusieurs reprises et les vidéos tournées au Sénégal au fil des années ont permis aux abonnés de la chaîne Denty Spearfishing de découvrir cette chasse très particulière.
Mais revenir sur le Konk N’Jabar reste toujours un événement.
Car ici, rien n’est vraiment acquis.
Les conditions peuvent changer, le courant peut compliquer les descentes et, surtout, les poissons que l’on vient chercher sont capables de transformer une simple apnée en souvenir de toute une vie.

Le Sénégal, une destination à part pour la chasse sous-marine
Pour un chasseur sous-marin habitué à la Méditerranée, plonger au Sénégal représente un véritable changement d'univers.
La chasse ne repose plus uniquement sur la recherche d'un poisson isolé au milieu d'un relief familier. Sur certains secs du large, tout peut prendre une autre dimension.
Le volume d'eau est immense.
Les poissons peuvent arriver de n'importe où.
Et les espèces rencontrées imposent d'adapter complètement sa manière de chasser.
Carpes rouges, sérioles, coryphènes, djabars et autres poissons pélagiques ou semi-pélagiques font partie des rencontres possibles au cours de ces sorties.
Mais il faut immédiatement oublier une idée : aller sur un sec réputé ne signifie pas automatiquement trouver le poisson.
C'est même exactement ce qui rend ces endroits fascinants.

Le Konk N’Jabar, un nom qui fait rêver
Le Konk N’Jabar est de ces zones que les pêcheurs finissent par considérer autrement qu'un simple point sur une carte.
C'est un rendez-vous.
Un endroit vers lequel on navigue avec des images en tête : celles des poissons déjà aperçus lors des voyages précédents, des tirs réussis, mais également des occasions manquées.
Car un sec au large fonctionne comme un véritable aimant sous-marin.
Le relief vient perturber l'uniformité des fonds et crée une zone où la vie peut se concentrer. Les petits poissons attirent les prédateurs, les courants transportent nourriture et organismes, et certaines espèces viennent régulièrement croiser autour de ces structures.
Pour le chasseur sous-marin, toute la difficulté consiste alors à comprendre ce qui se passe sous lui.
Où se trouve le poisson ?
À quelle profondeur évolue-t-il ?
Est-il posé près du fond ou en pleine eau ?
Suit-il le courant ?
Va-t-il venir au contact ou rester à distance ?
Sur le Konk N’Jabar, la réponse peut changer d'une plongée à l'autre.

Revenir sur les traces des précédentes expéditions
Ce qui rend ces nouvelles vidéos particulièrement intéressantes est justement l'histoire qui existe entre Stéphane Dudon et ce secteur.
Les précédents voyages au Sénégal avaient déjà permis de filmer la chasse sur ces zones du large et de montrer leur potentiel.
Revenir plusieurs années sur un même endroit permet également de comparer.
Un sec n'est jamais figé.
Une zone exceptionnelle lors d'un voyage peut sembler presque vide quelques années plus tard. À l'inverse, une journée qui commence sans véritable activité peut brutalement basculer lorsqu'un banc de poissons ou un gros prédateur arrive sur la zone.
C'est une réalité que Stéphane connaît bien après des années de chasse sous-marine et de voyages.
Il faut donc observer avant de tirer des conclusions.
Une descente. Puis une autre.
Regarder le comportement du petit poisson.
Observer le courant.
Essayer une autre position. Changer sa dérive.
Et parfois attendre.
C'est souvent cette patience qui fait la différence.

La carpe rouge : l'un des poissons emblématiques de ces voyages
Impossible d'évoquer les expéditions africaines de Stéphane Dudon sans parler de la carpe rouge.
C'est l'un des poissons qui symbolisent le mieux ces voyages.
Massive, puissante et magnifique, elle offre un contraste saisissant avec beaucoup d'espèces rencontrées habituellement en Méditerranée.
Sa chasse nécessite pourtant de garder son calme.
Lorsqu'un beau poisson apparaît, l'excitation peut pousser le chasseur à précipiter son action. Mais sur des poissons puissants, la qualité du placement et du tir devient primordiale.
Un tir mal placé sur un gros poisson peut immédiatement transformer la situation.
La flèche, le montage, le moulinet et l'ensemble de l'arbalète doivent alors être parfaitement maîtrisés.
Mais le matériel ne remplace jamais l'expérience.
Il faut savoir attendre la bonne présentation.

Le djabar, le poisson qui donne son caractère au voyage
Le djabar occupe également une place particulière dans cette aventure sénégalaise.
C'est précisément ce mélange d'espèces qui rend ces sorties passionnantes.
On ne descend pas forcément en sachant exactement ce qui va apparaître.
Un poisson peut venir du fond. Un autre surgir latéralement.
Une silhouette peut se matérialiser dans le bleu pendant quelques secondes avant de disparaître.
Le chasseur doit rester concentré durant toute l'apnée.
Et sur un sec comme le Konk N’Jabar, cette incertitude fait partie intégrante de la chasse.

Quand les sérioles entrent dans la partie
La sériole représente encore un autre type de rencontre.
Rapide, puissante et capable de parcourir énormément de terrain, elle impose une approche différente.
Lorsqu'elle apparaît, il faut souvent prendre une décision en quelques secondes.
Attendre ? Avancer ? Laisser le poisson venir ? Préparer le tir ?
Chaque mouvement peut modifier son comportement.
Et lorsqu'une belle sériole est touchée, la chasse n'est pas terminée.
Le véritable combat commence.
C'est dans ces situations que l'ensemble de la configuration prend son importance : puissance de l'arbalète, pénétration de la flèche, résistance du montage et gestion du fil.
Sur un poisson puissant, aucune faiblesse n'est anodine.

Et soudain, une coryphène…
Le Sénégal réserve également des rencontres beaucoup plus pélagiques.
La coryphène en est probablement l'un des plus beaux exemples.
Sa silhouette, sa vitesse et surtout ses couleurs en font un poisson immédiatement reconnaissable.
Lorsqu'une coryphène apparaît dans le bleu, l'ambiance change.
Il n'y a parfois aucun relief à utiliser pour se dissimuler.
Le chasseur se retrouve suspendu dans l'eau face à un poisson parfaitement adapté à cet environnement.
Il faut alors jouer sur la curiosité du poisson et réduire au maximum les mouvements inutiles.
C'est une chasse de quelques secondes.
Mais ces quelques secondes peuvent justifier des heures de navigation et des dizaines d'apnées.

Chasser dans le bleu : accepter de ne rien contrôler
C'est probablement l'une des grandes leçons de ces voyages au Sénégal.
En Méditerranée, le chasseur expérimenté apprend progressivement à lire un territoire.
Il connaît les pierres. Les cassures. Les zones d'agachon.
Les passages possibles des poissons.
Au large du Sénégal, une partie de ces repères disparaît.
Il reste le courant, la profondeur, le relief sous-marin et surtout l'observation.
Il faut accepter de ne pas tout contrôler.
C'est aussi ce qui explique pourquoi les grands secs restent fascinants après plusieurs voyages.
On peut connaître parfaitement leur position sans jamais savoir exactement ce que l'on va y rencontrer.

Le matériel Denty Spearfishing confronté au terrain
Ces expéditions ont également toujours été pour Stéphane Dudon une manière de confronter le matériel Denty Spearfishing à des conditions très différentes de celles rencontrées en France.
Un produit peut fonctionner parfaitement lors d'une chasse côtière classique.
Mais que se passe-t-il lorsqu'il doit encaisser le départ d'un poisson beaucoup plus puissant ?
Que se passe-t-il après plusieurs heures dans l'eau ?
Comment se comporte un Stato-roller lorsqu'il faut réaliser un tir puissant et précis sur un poisson qui ne laissera probablement qu'une seule occasion ?
Les voyages permettent d'obtenir des réponses que l'on ne peut pas toujours reproduire lors d'essais classiques.
C'est aussi une partie de la philosophie de Denty Spearfishing : utiliser réellement le matériel dans les conditions pour lesquelles il a été conçu.

Une chasse où le tir n'est qu'une petite partie de l'histoire
En regardant uniquement les images finales d'une vidéo de chasse sous-marine, il est facile de résumer une sortie aux poissons capturés.
La réalité est différente.
Avant chaque poisson, il y a souvent une longue navigation.
Puis la recherche de la zone. La mise à l'eau. L'analyse du courant.
Les premières descentes. Les apnées sans poisson. Les changements de dérive.
Les poissons aperçus trop loin. Les occasions que l'on préfère ne pas tenter.
Et enfin, parfois, quelques secondes où tout s'aligne.
C'est là que se trouve la véritable valeur d'une capture.
Un poisson n'est pas uniquement le résultat d'un tir.
Il représente tout ce qui s'est passé avant.

Pourquoi le Konk N’Jabar reste mythique
Le mot « mythique » est souvent utilisé trop facilement.
Mais certains endroits finissent réellement par le devenir pour ceux qui les fréquentent.
Non pas parce qu'ils garantissent systématiquement des prises exceptionnelles, mais précisément parce qu'ils ne garantissent rien.
Le Konk N’Jabar appartient à cette catégorie.
C'est un endroit où l'on revient parce que l'on sait ce qui peut arriver.
Une grosse carpe rouge. Une sériole. Un djabar.
Une coryphène surgissant du bleu.
Ou parfois presque rien.
Et c'est probablement cela qui pousse les chasseurs à revenir.
Si le résultat était certain, une partie de la magie disparaîtrait.

Des années de voyages et toujours la même excitation
Après des années de chasse sous-marine et de nombreux voyages à travers le monde, Stéphane Dudon continue de revenir sur certaines destinations.
Le Sénégal en fait partie.
Parce qu'il existe des endroits que l'on ne considère plus seulement comme des spots de pêche.
Ils deviennent des morceaux d'une histoire personnelle.
Chaque nouveau voyage vient s'ajouter aux précédents.
On retrouve certaines zones. On se souvient d'un poisson.
D'un tir. D'un décrochage. D'une journée exceptionnelle.
Ou d'une journée pendant laquelle la mer n'a rien voulu donner.
Le Konk N’Jabar appartient désormais à cette histoire.

Le Sénégal selon Denty Spearfishing
À travers les différentes vidéos tournées au Sénégal, l'objectif n'est finalement pas seulement de montrer de gros poissons.
Il s'agit aussi de montrer ce qu'est réellement une expédition de chasse sous-marine.
Les heures de bateau. Les changements de conditions. La recherche.
Les erreurs. Les attentes. Les rencontres.
Et ces quelques instants rares pendant lesquels un poisson apparaît enfin devant la caméra.
C'est ce mélange qui donne au Sénégal sa place particulière dans les voyages de Denty Spearfishing.
Et lorsque le bateau reprend la direction du large, vers le Konk N’Jabar, une question revient forcément :
Qu'est-ce qui nous attend là-dessous cette fois-ci ?
C'est peut-être finalement la meilleure définition d'un spot mythique.
Un endroit que l'on connaît déjà…
Mais qui reste capable de nous surprendre à chaque plongée.